Pourquoi voulez-vous créer un parti politique bruxellois ?
Nous sommes un groupe de citoyens bruxellois de toutes origines, francophones, néerlandophones, européens, préoccupés par le sort qui est fait et risque encore plus d’être fait à Bruxelles. Notre groupe, totalement informel et constitué spontanément d’individus qui ne représentent qu’eux-mêmes et issus des différentes couches de la société bruxelloise, réfléchit et discute de la situation actuelle et des possibles conséquences pour Bruxelles d’une future réforme de l’Etat envisagée par les responsables politiques flamands et wallons. Nous sommes inquiets de l’absence des responsables politiques bruxellois actuels dans le débat et du lourd silence sur la problématique de Bruxelles ainsi que du sort qui sera réservé aux habitants de notre Ville-Région. Notre groupe représente un groupe de Bruxellois parmi d’autres qui ne peuvent plus supporter la situation actuelle, qui se sont déjà manifestés par diverses actions ces derniers temps et sont déterminés à poursuivre leurs efforts sur le seul terrain qui peut faire évoluer les choses en profondeur : la politique.
Vous voulez défendre les intérêts des Bruxellois, n’est-ce pas, en fait, un repli sur soi et une attitude égoïste vis-à-vis des autres régions ?
Absolument pas. La Belgique fédérale est constituée de trois Régions comme stipulé dans l’article 3 de la Constitution (Art. 3 La Belgique comprend trois régions : la Région wallonne, la Région flamande et la Région bruxelloise.). Or, il est démontré par de multiples études que la Région bruxelloise ne jouit pas des mêmes droits et prérogatives que les deux autres Régions et que Bruxelles ne bénéfice pas d’un juste retour de sa contribution à l’essor de l’ensemble du pays. Ce traitement discriminatoire n’est pas normal et doit être dénoncé. Cependant, tous les habitants de ce pays ont à gagner d’une Région bruxelloise forte car Bruxelles est la seule véritable vitrine internationale de la Belgique. Nous souhaitons donc simplement que Bruxelles soit considérée au même titre que les deux autres Régions et qu’un dialogue constructif soit mené à trois pour le plus grand bénéfice de tous mais sans exploitation d’une des Régions par les autres. Les Bruxellois sont majeurs et ne veulent plus subir l’injustice d’une tutelle des deux autres Régions. Nous voulons rendre notre Région bruxelloise plus chaleureuse pour ses habitants et lui permettre un réel essor économique et social.
Vous plaidez donc pour un confédéralisme et de ce point de vue, vous êtes l’allié objectif de la NVA de Bart De Wever et de Filip Dewinter du Vlaams Belang ?
Nous sommes à l'opposé des partis extrémistes ou séparatistes. Nous ne voulons pas nous enfermer dans une querelle sémantique stérile. La Belgique est un Etat fédéral avec trois Régions. En réalité, Bruxelles n’est reconnue ni par la Région flamande, ni par la Région wallonne comme une Région à part entière. Il faut que ce fédéralisme fonctionne réellement et démocratiquement. Tout le monde l’admet aujourd’hui, des erreurs ont été commises, notamment dans la création d’une Région bruxelloise que l’on a artificiellement confiné géographiquement, à laquelle on a donné des institutions complexes, non adaptées à la réalité sociodémographique et difficiles à gérés. Cette situation est le résultat de compromis entre Flamands et Wallons qui ne se sont pas souciés du sort des Bruxellois, croyant ainsi pouvoir garder la main sur cette Région dont, en réalité, ni les uns ni les autres ne se préoccupent vraiment, mais que ni les uns ni les autres ne veulent céder. Nous disons simplement aujourd’hui, regardons la réalité, Bruxelles fait plus pour la Flandre et la Wallonie que ces deux Régions pour Bruxelles. Bruxelles doit se prendre en main et gérer elle-même toutes les compétences pour le plus grand bénéfice des Bruxellois et pour ce faire veut disposer des moyens institutionnels, législatifs et financiers qui lui reviennent. Bruxelles revendique la place qui lui revient, c'est-à-dire, une des trois places à la table de négociation d’une réforme de l’Etat bénéfique pour tous, sans repli identitaire, mais sans dénigrement, dans un vrai respect mutuel. La Belgique fédérale, et partant chacune des trois Régions qui la composent, ne sera forte que si les Régions fédérées seront fortes et capables de vivre dans une relative autonomie tout en entretenant une constructive collaboration les unes avec les autres, sans exclusive et sans discrimination basée sur la langue. Une relation équilibrée entre Régions adultes.
Quel rôle aurait l’Etat fédéral dans votre vision des choses ?
Nous sommes pour un fédéralisme à trois dans lequel chaque Région porte sa propre responsabilité et dans lequel l’Etat fédéral joue pleinement son rôle fédérateur et exerce les compétences propres qui restent les siennes et en particulier, la défense, la justice, la représentation extérieure y compris la coopération et le commerce extérieur. L’Etat fédéral doit également être le garant de la solidarité interpersonnelle et interrégionale grâce à un mécanisme d’arbitrage, éventuellement dévolu à un Sénat dans lequel seraient représentées paritairement les trois Régions.
Vous remettez en cause les pouvoirs exercés sur la Région bruxelloise de la Communauté flamande et la Communauté française ?
Nous pensons qu’il est temps que l’on reconnaisse à Bruxelles ses spécificités et que, en conséquence, on permette aux Bruxellois de gérer eux-mêmes – sans intervention d’autres entités fédérées, qu’elles soient Régions ou Communautés -, également les matières qui touchent à la culture, à l’enseignement et aux personnes. Nous souhaitons pour Bruxelles une totale maîtrise sur la formation et l’enseignement permettant ainsi de construire un outil qui répondra plus efficacement et plus justement aux besoins particuliers des Bruxellois dans la Belgique, l’Europe et le monde de demain. Il en va de même au niveau culturel et en matière de formation professionnelle.
En somme, vous revendiquez la création d’une Communauté bruxelloise ?
La division artificielle du Pays en Communautés linguistiques ne marche pas car elle ne correspond pas au vécu des populations ni à la réalité du terrain et bafoue des droits démocratiques élémentaires. Elle ne tient pas compte des spécificités des Régions et particulièrement de la Région bruxelloise qui doit être réellement bilingue, non pas par la pression d’une Communauté mais par la volonté de ses habitants pour leur profit et celui de l’ensemble des citoyens qui y vivent et y travaillent. Or, le plus grand mal dont souffre Bruxelles, le chômage de ses jeunes, souvent peu ou mal formés et principalement non bilingues peut être aisément résolu par l’instauration d’un véritable enseignement bilingue débouchant sur la formation des générations futures prêtes pour le monde essentiellement urbain, multilingue et multiculturel du vingt-et-unième siècle. Nous pensons qu’il faut rejeter le principe de la discrimination des individus sur la seule base de la langue qu’ils parlent. Il faut rendre à la langue sa fonction première qui est celle de la communication qui permettra le dialogue entre les personnes. Ce siècle est le temps du « je » et plus du « nous » ni de la « nation » ni de la « communauté ». Il faut donc donner à chacun sa place dans la société, ce qui implique de donner à chacun les moyens de communiquer, de comprendre l’autre, de créer avec tous les autres, citoyens de langues et de cultures diverses, quelque chose de durable. Il faut donc bannir les différences et les plus faciles à bannir sont celles basées uniquement sur la langue que l’on parle. Bruxelles est multilingue et cosmopolite et le deviendra encore davantage dans le futur. Nous parions sur la capacité des Bruxellois à devenir individuellement fort et ouvert – cela commence par parler la (les) langue(s) de l’autre - pour pouvoir rencontrer l’autre, dialoguer et créer une nouvelle forme de communauté cosmopolite, multilingue et multiculturel produisant une culture urbaine métissée et riche de tous les croisements. La future communauté urbaine bruxelloise doit être la préfiguration, le modèle, de la communauté urbaine universelle vers laquelle le monde d’aujourd’hui tend partout, sous toutes les latitudes.
Vous dites défendre les droits des Bruxellois, vous limitez-vous aux dix-neuf communes ou revendiquez-vous l’extension géographique de la Région bruxelloise ?
L'extension n'est pas un but en soi. Il est clair que dans le monde tel qu’il a évolué les villes ont tendance à étendre leurs activités et leurs influences au-delà des limites géographiques du siècle dernier. Bruxelles n’échappe pas à cette loi naturelle d’expansion. La conséquence est que des problèmes criants ne peuvent plus être résolus dans le cadre étriqué d’une Région limitée à dix-neuf communes. C’est le cas notamment en matière de mobilité, d’environnement, d’urbanisme, de culture, de développement économique et démographique, etc. Il faut trouver ensemble les moyens d’une meilleure gestion démocratique du territoire socio-économique naturellement relié à la Région bruxelloise. La terminologie et les formules importent peu, l’essentiel est dans le dialogue équilibré entre les acteurs concernés.
Et comment allez-vous financer tout cela ?
Le sous-financement de Bruxelles a été organisé par la volonté des politiques flamands et wallons. Il est bon de rappeler que la région bruxelloise représente près de 20 % du PIB pour seulement 10% de la population. Par contre, la Flandre et la Wallonie récupèrent plus de 11% de ces moyens financiers via les impôts. La conséquence majeure en est que les Bruxellois financent en grande partie seuls des services rendus à l’ensemble de la population vivant en Belgique ce qui conduit le contribuable bruxellois à devoir supporter une charge financière plus lourde. En outre des budgets supposés destinés à financer certaines fonctions particulières de la Ville-Région ne sont pas gérés par les Bruxellois, et souvent utilisés sans leur avis. Il y a une très grande dispersion des moyens financiers existants, du fait, notamment de la multiplicité des institutions présentes à Bruxelles qui sont gérées dans des optiques diverses voire contradictoires. De nombreux lieux de décision, des compétences éparses créent une inefficacité des politiques mises en œuvre et des moyens financiers disponibles. Enfin, la perception de l’impôt des personnes physiques sur le lieu de résidence crée une distorsion énorme entre les Régions alors qu’une perception de l’IPP – à tout le moins le précompte professionnel - là où le revenu est généré serait plus juste. Les moyens sont là, il faut davantage rationaliser et réajuster sur des bases plus équitables.
Doit-on comprendre que vous êtes favorables à la fusion des Communes bruxelloises ?
Nous sommes convaincus que les compétences doivent être exercées au niveau de pouvoir le plus utile pour la meilleure gestion des problèmes. Il est donc indispensable que des problèmes de proximité soient gérés au niveau de pouvoir le plus proche des gens. Il est aussi indispensable que les Bruxellois soient consultés à intervalles réguliers pour connaître leurs souhaits. La Commune est certainement un niveau de pouvoir extrêmement utile et doit subsister pour rester proche du citoyen et de ses préoccupations immédiates. Cela dit, certaines problématiques dépassent clairement le niveau local et doivent être gérées soit à un niveau de pouvoir moins local, soit en étroite concertation et collaboration entre différents pouvoirs locaux. Il faut donc davantage de concertation effective et agir plus dans le sens de l’intérêt du citoyen que dans des perspectives électoralistes personnelles. Il apparaît que le découpage des compétences entre Communes et Région n’est pas optimal ; de même que certaines Communes auraient intérêt à travailler davantage en collaboration, voire que d’autres pourraient être utilement redécoupées en plus petites entités. Là encore, le dialogue et la concertation sont indispensables pour atteindre une plus grande efficacité des actions.
Comment vous situez-vous sur l’échiquier politique, à droite, gauche, au centre ?
Nous pensons que ces clivages sont dépassés. Toutes les formations politiques quelles que soient leurs idéologies doivent se donner les moyens de gérer les problèmes de tous les citoyens, les riches et les pauvres. On ne peut plus se contenter de mener des politiques de droite ou de gauche. Le meilleur exemple est le Développement durable, c’est à la fois une démarche éminemment sociale car elle touche tout le monde, riche ou pauvre, une chance extraordinaire de développement économique et un moyen de réaliser de formidables économies dont vont également profiter les moins nantis. Les pouvoirs publics doivent certes jouer un rôle régulateur et stimulateur, mais l’initiative privée trouve sa place dans le développement de la société. La société est multiple et complexe, les gestionnaires publics et les politiques doivent s’y adapter et sortir des clivages anciens qui ne conduisent qu’à la diabolisation. Les valeurs idéologiques et religieuses doivent faire place aux valeurs humanistes dans la conduite des affaires publiques, laissant la religion et les croyances dans la sphère strictement privée.
Vous avez de grandes ambitions pour Bruxelles, mais les questions institutionnelles ne se règleront qu’au niveau fédéral et à la majorité des 2/3. Comment arriverez-vous à vos fins ?
Certes, nous avons conscience que le chemin sera long. Néanmoins, il n’est pas nécessaire d’être ni nombreux, ni à tous les niveaux de pouvoir pour peser sur des décisions. Voyez ce que des « petits » partis tels que la NVA et le FDF peuvent apporter comme poids dans les discussions pour la formation du gouvernement fédéral. Cela ne signifie pas que nous sommes d’accord avec leurs propos, mais cela nous conforte dans l’idée qu’il est possible, même en dehors des cénacles où se prennent les décisions, de jouer un rôle et d’avoir une influence. Nous voulons dans un premier temps, présenter des candidats aux prochaines élections régionales bruxelloises et ce, dans les deux régimes linguistiques puisqu’aujourd’hui il est interdit de présenter des listes bilingues – ce pourquoi nous nous battrons à l’avenir - . Ensuite, en fonction de notre poids politique nous verrons quelle influence nous pourrons avoir sur l’évolution institutionnelle.
Vous vous prétendez un parti bilingue. Combien de néerlandophones comptez-vous dans vos rangs ?
Dès le départ de l’initiative, des Bruxellois néerlandophones ont participé activement à nos travaux, ils sont aujourd’hui bien représentés, plus que proportionnellement à leur nombre effectif dans la population bruxelloise. Ils sont très attachés à leur ville et d’ardents défenseurs de Bruxelles.
La surreprésentation des néerlandophones au Parlement bruxellois et la parité linguistique au gouvernement de la région bruxelloise :
Historiquement, lors de la création de la région bruxelloise en 1989, la parité linguistique au niveau du gouvernement avait été accordée aux néerlandophones de la capitale pour, d’une part « compenser » la parité linguistique accordée préalablement aux francophones (minoritaires) au niveau fédéral et, d’autre part – comme c’est le cas au fédéral – pour protéger la minorité néerlandophone et garantir ses droits dans la région capitale de tous les Belges. Lors de la poussée de l’extrême droite flamande l’arrivée de plusieurs parlementaires Vlaams Blok (à l’époque, devenus Vlaams Belang) le risque était sérieux de voir entrer au gouvernement bruxellois des « extrémistes » - en effet, il faut dégager une majorité dans chaque collège linguistique -. On aurait donc pu avoir un gouvernement bruxellois composé de représentants de partis démocratiques francophones et de représentants de partis du VB néerlandophone. Cela aurait inévitablement conduit au blocage de l’exécutif. C’est la raison pour laquelle, les partis démocratiques FR et NL ont imaginé une formule rendant ce scénario quasi impossible. On a donc augmenté le nombre de représentants au Parlement bruxellois et on a ainsi donné aux partis démocratiques néerlandophones la possibilité de constituer une majorité barrant le chemin du pouvoir régional au VB. C’est ainsi qu’aujourd’hui, il y a 89 élus – 72 FR et 17 NL dont seulement 6 VB qui sont donc minoritaires au sein collège NL. Pro Bruxsel veut garantir le respect des droits des minorités et notamment de la minorité néerlandophone à Bruxelles. Nous avons bien conscience que l’actuelle situation est un arrangement quelque peu artificiel, mais de loin préférable à une situation chaotique qui résulterait de l’entrée d’extrémistes au sein du gouvernement régional. Par ailleurs, Pro Bruxsel est favorable à la cessation de la discrimination des citoyens bruxellois sur base de la langue qu’ils parlent. C’est pourquoi, nous revendiquons un enseignement bilingue dès la maternelle – et multilingue dans le secondaire – afin de « gommer ces différences linguistiques stériles dans une métropole internationale, multilingue et cosmopolite telle que Bruxelles. Pro Bruxsel vise également la suppression de collèges linguistiques séparés pour les élections régionales bruxelloises et revendique le droit de présenter des listes électorales bilingues composées de francophones et de néerlandophones.
La problématique du survol de Bruxelles :
Pro Bruxsel est très clair sur ce point. Nous revendiquons la suppression de l’activité de fret à Brussels Airport et voulons limiter les activités de l’aéroport au transport exclusif de passagers et ce uniquement durant la journée afin de garantir la sécurité et le bien être des habitants. La non exigence du paiement des astreintes par les autorités bruxelloises à l’Etat fédéral et la conséquence visible de la main mise effective des responsables « communautaires » des partis traditionnels qui imposent leurs vues et leurs décisions sans se soucier de l’avis des politiques bruxellois toujours en minorité dans leurs propres partis. Tant que les responsables politiques bruxellois seront « aux ordres » des partis traditionnels dirigés soit par des Wallons, soit par des Flamands, les décisions concernant Bruxelles et les Bruxellois ne seront pas prises ni par des Bruxellois ni dans l’intérêt des Bruxellois. C’est, en grande partie pour cette raison que nous avons décidé de créer un parti bruxellois qui prendra réellement en compte les intérêts de Bruxelles et des Bruxellois sans risquer à tout moment la « censure » ou le « veto » de politiciens flamands ou wallons qui ne voient Bruxelles que comme un moyen de valoriser leur propre région mais qui ne se soucient en rien de l’intérêt ou du bien être des habitants de cette région.
La position de Pro Bruxsel sur l’échiquier politique :
Nous ne voulons ni de la domination des riches et des nantis, ni de la dictature du peuple. Bruxelles est une ville métissée, non seulement sur le plan ethnique, culturel et linguistique, mais également sur le plan matériel : on y rencontre des gens extrêmement fortunés et les plus pauvres. On ne peut mener à Bruxelles une politique exclusivement de droite ou exclusivement de gauche. Il est essentiel de mettre en place des outils permettant la création d’entreprises, créatrices d’emplois et de richesse dont la région a besoin ; mais, dans le même temps, il est tout aussi indispensable d’encadrer les plus démunis et de leur donner des perspectives, notamment pour les 90.000 chômeurs et la proportion de plus en plus grande de familles ou d’isolés vivant à la limite ou sous le seuil de pauvreté. Faire pencher les décisions davantage dans un sens ou dans l’autre serait irresponsable. La plupart des partis politiques dans nos pays démocratiques l‘ont d’ailleurs bien compris. On voit que les « conservateurs » prônent le « libéralisme social » et que les partis « dits de gauche » s’orientent vers une « démocratie sociale » ; les « centristes » - ou du moins ceux que l’on a qualifiés comme tels – se déclarent « humanistes », etc. Personne n’a ni le monopole du cœur, ni de l’humanisme, ni de la libre expression de la pensée, ni de l’esprit d’entreprise. Nous pensons que la gestion publique du troisième millénaire doit s’appuyer sur le respect de l’autre dans toute sa diversité, la garantie absolue de la solidarité interpersonnelle et la création des conditions de la convivialité de la société. Cela implique un cadre sécurisant pour le développement d’initiatives privées et une protection des plus faibles.
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Stratégie en vue des prochaines élections régionales bruxelloises :
Pro Bruxsel veut présenter deux listes aux prochaines élections régionales bruxelloises. En effet, la législation actuelle interdit de présenter une seule liste bilingue – ce que nous revendiquons avec force -. La seule possibilité de se présenter en parti bilingue – ce que nous sommes – est donc de présenter une liste dans le régime linguistique néerlandais et une dans le régime linguistique français. Ces deux listes seront bien entendu présentées sous le même nom – Pro Bruxsel.
Bien entendu nous souhaitons représenter tous les Bruxellois, quels que soient leur langue, leurs origines, leurs options religieuses ou philosophiques, leur lieu de résidence, etc. L’objectif est donc clairement d’être relayé dans toutes les communes et tous les quartiers de Bruxelles.
Nous savons que Bruxelles est composée d’une multitude de personnes différentes, non seulement par la langue, l’origine ou habitudes culturelles, etc. C’est cette diversité qui fait la richesse de notre région. Nous voulons associer toutes ces richesses pour faire, ensemble, samen, together, de Bruxelles, une région à part entière gérée par et pour les Bruxellois dans un esprit d’ouverture vers les autres régions.
Nous souhaitons donc rallier un maximum de Bruxellois de toutes origines et de tous les quartiers pour réaliser ensemble ces objectifs ambitieux.
La situation des jeunes allochtones :
Nous sommes révoltés d’observer la situation dramatique dans laquelle se trouvent de très nombreux jeunes d’origine immigrée, qui après avoir été « conditionnés » dans des filières de formation et des établissements scolaires dévalorisés, sont littéralement jetés à la rue sans espoir de vie future car pas ou mal formés et ne maîtrisant pas le néerlandais. Tous ces handicaps cumulés conduisent ces jeunes au désespoir et nous refusons de laisser se perpétrer ce gâchis.
Nous voulons aller à la rencontre de ces jeunes « abandonnés » par le système et apporter des solutions concrètes et à court terme mais aussi modifier durablement les causes de ces maux insupportables. C’est pourquoi nous plaidons pour un transfert à la Région bruxelloise de l’enseignement qui devra être au moins bilingue, dès la maternelle, et qui mettra toutes les filières sur un pied d’égalité et assurera une réelle mixité dans tous les établissements scolaires en supprimant les écoles « ghetto/rebuts » comme c’est le cas aujourd’hui.
Nous ne voulons plus voir des Youssef, ni des Robert, ni des Jacques dans des situations d’impasse. Et même si c’est dramatique pour les trois précités, cela l’est encore plus pour Youssef et ses frères qui doivent précisément affronter les préjugés racistes.
Quelle est la position de Pro Bruxsel par rapport à la famille royale ?
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Nous n’avons pas arrêté de position particulière par rapport à la « Famille Royale ». Notre pays est actuellement sous le régime d’une Monarchie constitutionnelle qui, jusqu’à preuve du contraire, semble une des moins mauvaises solutions dans le contexte politique que nous connaissons. Les intérêts de Pro Bruxsel se portent essentiellement sur la Région bruxelloise. Les questions liées à la famille royale n’interfèrent pas dans les problématiques bruxelloises, raison pour laquelle nous n’avons pas pris de position particulière en la matière.